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Bioterrorisme - le remix

Biologie Bioterrorisme - le remix
- , le 7/03/2006.

Dans une période où nous avons à faire face à une série de pathogènes qui sont pour le moins malcommodes, HIV, bactérie poly-résistantes aux antibiotiques ou H5N1, remettre sur le tapis les problèmes du bioterrorisme lié à des Pathogènes Génétiquement Modifiés (GMP: Genetically Modified Pathogens) peut paraître superflu. Mais...

Paul Boutin, s'y emploie, alarmé par un article, non publié, que lui a adressé Roger Brent. Ce dernier s'inquiète de la banalisation des techniques et technologies qui peuvent faciliter la production maison de GMP, ses craintes concernant plutôt un psychopathe ou un groupe terroristes, contrairement aux préoccupations classiques qui impliqueraient des installations hi-tech, que l'on imagine nécessaires pour la production des bioarmements et qui ne pourraient être mises en oeuvre que par un effort gouvernemental.

Etre ainsi alarmiste ne fait pas que profiter au business. Il est vrai qu'il est simple et peu coûteux de (re)produire des souches virales ou bactériennes, soit natives, soit génétiquement modifiées, qui pourraient être utilisées pour des actions terroristes. Ca paraît étonnant, mais plusieurs scénarios ont été discutés en public, sur Internet, et ce depuis les débuts du Web; la première discussion du genre que j'ai suivie date du début 1995. Parfois, on en arrive presque à raconter les bonnes recettes en public et il faut faire des appels pour arrêter le mouvement; à ma connaissance il ne reste plus sur Internet des pages qui décrivent comment s'y prendre.

On distingue deux familles : l'une basée sur le détournement des moyens de laboratoires publics, l'autre nécessitant de mettre en place un petit laboratoire privé.
C'est dans cette dernière perspective que s'inscrivent les scénarios proposés par Brent, prévoyant l'achat d'équipement d'occasion (pour diminuer les coûts) et la manipulation de pathogènes relativement inoffensifs que l'on peut se procurer facilement, par exemple le virus de la grippe. Reproduire le virus de 1918 est presque un jeu d'enfant et on connaît son efficacité, même en absence d'aide par des terroristes pour sa dissémination.

Les scénarios impliquant le détournement des moyens de laboratoires établis sont bien plus efficaces, même s'il présentent quelques difficultés pour cacher les intentions de l'apprenti bioterroriste. Dans un contexte où les ressources du laboratoire ne sont pas étroitement surveillées il est même possible de financer l'opération par les budgets alloués à la recherche !

Il est peu probable qu'un individu isolé puisse réussir, essentiellement parce qu'il ne pourrait pas maîtriser les problèmes de logistique pour la dissémination de son GMP. Il est fort probable qu'une petite équipe avec un passé terroriste puisse couvrir les cinq continents quasi simultanément, dans une période de 48 h. Pas nécessairement avec un GMP létal, mais suffisamment pathogène de créer des problèmes capables de mettre à genoux les économies des cibles, pour plusieurs semaines, voire mois. Le temps que les circuits habituels réagissent et produisent et distribuent médicaments et vaccins pour faire face à la crise.

Il n'est même pas nécessaire de cibler les populations humaines, l'agriculture étant une des cibles de choix, si l'intention est de nuire à l'économie. On observe aujourd'hui les conséquences de H5N1 sur l'économie du secteur de production de volailles, conséquences basées sur des soupçons infondés de la part des consommateurs; imaginez une situation analogue à celle qui a frappé les producteurs de viande bovine à cause des "vaches folles", mais sur une échelle plus large, planétaire, et pour des viandes plus économiques, que l'on trouve plus souvent dans les assiettes des consommateurs.




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le  9-03-2006 à 20:31 #
bioterrorisme ?<br />
les térroriste aussi mange bio?




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