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Poème épique pré-arthurien en feuilleton.

le 12 septembre à 20:53 #
Salut,
Quelle drôle d'idée que d'écrire un poème épique, genre totalement démodé ! Quelle drôle d'idée aussi que d'en faire un feuilleton pour les Toiliens !
Comme rien ne m'arrête, je relève le second défi comme j'ai relevé le premier et je propose cette lecture que j'espère reposante et roborative à qui voudra. Le sujet ? Un trou dans la légende arthurienne que j'ai entrepris de combler : personne jamais n'a dit comment l'épée d'Arthur, Excalibur, a été forgée.
C'est à présent chose faite et c'est l'objet d'une longue histoire pleine de magie et dont le héros est un enfant.
Aujourd'hui, le prologue.
Si tu veux suivre, reviens par ici 2 ou 3 fois par semaine ou abonne-toi au flux !

Excalibur ou l'Epée d'un Roi

Prologue

Sur la marche d'un temple où les gens vont parfois
Chérir et vénérer leurs idoles de bois,
Un enfant est assis. Sous sa tignasse blonde
Il ouvre de grands yeux innocents sur le monde
Et l'enfant tend la main ; on lui donne à manger
- Car lorsqu'on est si pauvre on veut bien partager -
Un croûton, un vieux fruit, et l'enfant de la tête
Rend grâces à chacun pour ce repas de fête
Et laisse encore, au chien qui passe et à ses dieux
Quelque miette, en jetant un regard vers les cieux.
Autour de lui son peuple est vivant, il espère
Et chacun prie pour lui, pour tous et pour sa terre
Mais l'hiver ici-bas règne aux quatre saisons
Malgré les sacrifices et les oraisons.

Cet enfant qui regarde un nuage qui passe
Lui sourit ; on dirait qu'il n'est là, sur la place,
Que pour attendre on ne sait qui, on ne sait quoi.
Personne ne lui parle et l'enfant reste coi.
La foule vient et va, aveugle à sa présence
Mais lui, indifférent à cette indifférence
Fait durer son sourire et le donne à chacun.
Qui guette à sa paupière un pleur n'en voit aucun.
Il joue de trois cailloux qu'il remue dans sa poche ;
On le dirait certain que, quelque jour très proche,
Quelqu'un viendra, ouvrant la brume à pas menus
Jusqu'aux marches du temple et jusqu'à ses murs nus
Et fera qu'il se lève avec quelques paroles.
En attendant, l'enfant accepte les oboles
Et parmi les monnaies tombe un denier d'argent
Quelquefois, où l'on voit le profil de Trajan.

Mais qu'importe à l'enfant cette rondelle blanche,
Elle est comme la pluie, l'insecte sur la branche,
Le sable entre ses doigts et peut-être sait-il
Qu'il n'est rien plus précaire et rien plus volatil ;
Et pourtant que sait-on quand, tel ce jeune ermite,
On a les yeux si grands et la main si petite,
Le front pur et l'esprit net de tous les chagrins
Qui plus tard y croîtront comme les mauvais grains ?

On sait le bleu du ciel quand la nue s'y entrouvre
On sait le cri des grues, on sait l'ombre du rouvre,
On sait la danse des pollens aux soirs d'été
Les hivers languissants et leur sourde clarté,
Les longues ombres des matins, les crépuscules,
Les arbres dénudés, les ivraies qui ondulent,
C'est tout. Et cet enfant qui porte dans ses yeux
Leur azur, ne sait rien de la forme des cieux.
Il vit et dort dans ce jour gris, près de ce porche
Et n'a rien pour la nuit, ni chandelle ni torche
Ni brandon. Les ténèbres lui font un linceul.
Même entouré d'humains, il se trouve très seul.
Dans la flaque restée des averses récentes
Il ne voit nul reflet des étoiles absentes.
Il pourrait à son gré quitter ce lieu obscur,
Chercher quelqu'un à qui parler, un peu d'azur,
Pourtant il reste là, assis dans la pénombre.

Bientôt peut-être un jour se lèvera moins sombre.

(A suivre)


(Modifié par Ludwig le 20-09-2017 à 10:45)
Anon456515
Profil Censuré
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 13 septembre à 21:58 #
J'y viendrai bien volontiers
(ps : peux-tu m'orienter vers ton précédent défi ?)
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 13 septembre à 22:57 #
Le premier défi était d'écrire le poème, le second est de le publier ici.
Mais le poème est édité en ligne, si tu veux je t'envoie le lien en MP.
L
Anon456515
Profil Censuré
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 13 septembre à 23:11 #

le 13-09-2017 à 22:57, @Ludwig :
Le premier défi était d'écrire le poème, le second est de le publier ici.
Mais le poème est édité en ligne, si tu veux je t'envoie le lien en MP.
L


pardon, je n'avais pas capté
et je veux bien le lien
je t'en remercie par avance.
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 14 septembre à 19:21 #
Edité en ligne individuellement ou collectivement ?

Sinon pourquoi le lien en MP ?
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 08:50 #
"Edité en ligne individuellement ou collectivement ? Sinon pourquoi le lien en MP ? "

Bonne question.
Edité pour tout le monde sur un site ad hoc. Mais le lien en MP parce que je ne veux pas utiliser le forum pour avoir l'air de vendre des trucs.
Ce fil n'est absolument pas conçu comme une pub. J'apprécie la demande de Zweisteine mais le but n'est pas de vendre mais d'être lu. Voilà pourquoi le lien en MP. Qui le veut l'aura, mais pas plus.

L

(Modifié par Ludwig le 15-09-2017 à 09:08)
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 09:06 #
<<< la question de Zweisteine >>> ?
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 09:08 #
"<<< la question de Zweisteine >>> ?"

Modifié.

Suite.
Résumé : aux marches d'un temple breton, un orphelin mendie.

Tout de pierre, oublié des dieux, infortuné,
Ce pays était mort avant que d'être né.

Souvent le ciel était de plomb ; l'aube livide
Portait l'ombre des monts sur une plaine vide
Et le soir transformait en sinistre brasier
Ce noir pays qu'alors on eût dit incendié.
Chaque jour n'y était qu'un triste crépuscule ;
Si du Soleil, parfois, un rayon minuscule
Sourdait parmi l'amas gris sombre et menaçant
D'une nuée, il n'avait rien d'éblouissant.
Ce n'était qu'un éclair éphémère et timide
Comme fait un poisson parfois, dans l'eau limpide ;
Il n'éclairait alors sous ce ciel nébuleux
Qu'un décor où manquaient et les verts et les bleus.

Pourtant rien ni jamais n'aurait pu la contraindre ;
La Bretagne souffrait sans pleurer ni se plaindre.
Pour elle gémissaient le vent sur les coteaux
Et l'océan furieux secouant les bateaux.
Sauf ce souffle et les sons de cette mer immense
Rien ne bruissait ; c'était partout l'épais silence
Qui règne au temple où meurent les derniers flambeaux,
Dans l'ombre d'une cave, ou celle des tombeaux.

Un peuple vivait là pourtant, un peule austère
Content de peu, chaque jour remerciant sa terre,
Debout dans la tempête et dans l'adversité,
Courbé par le labeur et non d'humilité,
Et de ce que donnaient et la mer et la lande
Qui tirait à grand-peine une maigre provende.

Mais au peuple habitant ce pays maltraité
Restait encore au cœur une âpre dignité.
Eût été bien hardi qui l'eût voulu soumettre
Et bien puissant, celui qu'il aurait pris pour maître.
À ces gens suffisait d'un jour sans pluie ni vent,
Que les loups des forêts hurlassent moins souvent,
Que la grêle épargnât cette année les épeautres,
Que l'ouragan s'enfuît de leurs contrées vers d'autres ;
Ils se félicitaient alors chaque matin
Et chaque soir, alors que l'âtre était éteint,
Ils rendaient à leurs dieux quelque action de grâce
Et s'en allaient en paix dormir sur leur paillasse.
Alentour s'endormait aussi sous le ciel noir
La lande rase et ni le rêve ni l'espoir
Ne venaient enchanter ces sommeils pleins d'alarmes.
Au matin la rosée faisait comme les larmes
Que chacun par fierté retenait. Et les yeux
Restaient secs ; la rosée s'en retournait aux cieux.

Ainsi jadis était la Bretagne insulaire,
Maudite, infortunée, faite toute de pierre ;
Mais ce pays stérile, aride et sans été,
Ce pays glabre, froid et presque inhabité
N'avait pas pour destin que sa seule misère
Et ses tribus, pauvres déjà, étaient en guerre
De façon si cruelle et depuis si longtemps
Qu'il semblait qu'on luttât depuis plus de cent ans.
Il restait au hasard d'un hameau, d'un village
Des femmes sans jeunesse et des vieillards sans âge
Car la guerre avalait la plupart des enfants
Partis au loin suivre l'appel des olifants ;
Les campagnes étaient chaque année plus désertes
Les barrières des champs restaient toujours ouvertes ;
L'abreuvoir était sec aux lisières des prés,
Les foins mûrs pourrissaient avant d'être rentrés,
Sur les autels, les offrandes étaient bien maigres ;
Ce qu'on laissait était chassé par les vents aigres.

Les dieux qu'on implorait d'en-bas sur tous les tons
Restaient sourds aux appels de ces peuples bretons
Et couvraient semblait-il prières et suppliques
De leur fracas, riant et roulant leurs barriques.
Tout orage était pris pour un de leurs banquets
Où, servis par des multitudes de laquais
En sournoises liqueurs de miel, d'orge ou de pommes,
Tous ces dieux s'enivraient comme le font les hommes
Et demandant sans cesse à boire aux échansons,
Oubliaient leurs devoirs en poussant des chansons.

Et les bretons alors priaient pour que l'orage
Cessât, laissant la pluie couler sur leur visage.

(A suivre)


(Modifié par Ludwig le 20-09-2017 à 10:45)
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 09:09 #
Pas vu de changement ?
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 09:49 #
"la demande de Zweisteine"

Pas vu de changement ?

Anon456515
Profil Censuré
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 11:12 #

le 15-09-2017 à 09:08, @Ludwig :

Suite.
Résumé : aux marches d'un temple breton, un orphelin mendie.

(A suivre)
L


Super ! Moi qui suis un amoureux de la Bretagne (j'y suis allé d'innombrables fois, en toutes saisons), je la reconnais dans tes rimes lorsqu'elle résiste aux tempêtes et marées d'équinoxe.
(et je reconnais aussi un peu d'Irlande et d'Écosse...)
Vivement la suite !
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 16:29 #
Il s'agit de la Bretagne insulaire, l'origine de la légende (dont le premier auteur est l'anglais Wace). C'est Chrétien de Troyes qui l'amènera deux siècles plus tard en Bretagne continentale.
Mais bon, tu as raison, c'est celte avant tout !
Breizh ma Bro.
L
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 16:57 #

le 15-09-2017 à 09:49, @Ludwig :
"la demande de Zweisteine"

Pas vu de changement ?




La publicité est interdite par la charte ! j'ai bien envie de sévir !
De plus ce n'est pas mon fournisseur attitrė, j'utilise un concurrent avec une enseigne verte foncée !
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 17:12 #
Anon456515
Profil Censuré
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 15 septembre à 17:51 #

le 15-09-2017 à 16:29, @Ludwig :
Il s'agit de la Bretagne insulaire, l'origine de la légende (dont le premier auteur est l'anglais Wace). C'est Chrétien de Troyes qui l'amènera deux siècles plus tard en Bretagne continentale.
Mais bon, tu as raison, c'est celte avant tout !
Breizh ma Bro.
L


Suis-je bête, bien sûr qu'il s'agit d'Albion... heureusement que je me suis 'rattrapé' avec l'Irlande et l'Ecosse
(j'en profite pour dire, juste une fois : Rexurdimento Galego !)
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 13:01 #
Résumé : Dans une Bretagne pauvre, ravagée et oubliée des dieux, un enfant mendie aux marches d'un temple.

Enfin, il arriva que les dieux ancestraux,
- On ne peignait alors pas de Christ aux vitraux -
Daignent, depuis les monts leur servant de retraite,
Ayant bien ri, bien festoyé sur cette crête
- Car il n'importe en rien à ces dieux les malheurs
Du monde, ils rient plus fort lorsque tous sont en pleurs -
Daignent laisser tomber un regard vers la plaine.
Ce qu'ils y virent les frappa, non pas de peine,
- Rien de ce qui sur terre et aux hommes survient
N'a jamais accablé le moindre dieu païen -
Mais de quelque souci et quelque inquiétude ;
Ce dernier sentiment n'est pas dans l'habitude,
On le sait, de ces dieux et ce sont plus souvent
Rancune et jalousie qui font souffler leur vent.

L'un d'eux parla, saisi de pitié pour lui-même :
« Nous n'existons jamais que si quelqu'un nous aime,
Dit-il, et si ces gens venaient jusqu'aux derniers
À mourir de la guerre ou de faim à nos pieds,
Il ne resterait plus pour servir nos offices,
Nous faire offrande et pratiquer les sacrifices
Personne, et nous n'aurions qu'à disparaître aussi. »
Un autre dit : « C'est bien parlé, je pense ainsi ! »
Et celui-là, joyeux, était le dieu des fleuves
Où le saule s'incline et les bêtes s'abreuvent
Et qui naissent sans bruit au creux des vallons noirs.
Le premier commandait aux esprits qui, aux soirs
De Lune ronde, assemblent au cœur des prairies
Leur grotesque troupeau, dansent dans l'herbe, et rient.
C'était un petit dieu hilare et fort joufflu.
Le second, un colosse au dos large et velu,
L'attrapa par l'épaule et lui donna, bonhomme,
Deux ou trois de ces coups par lesquels on assomme
Un bœuf, mais ce n'était que jeu pour ces deux-là.

Un troisième, frappant le sol, les appela.
Il avait l'air farouche et grave et sa colère
Faisait tomber la foudre et gronder le tonnerre ;
Dieu de l'orage, ayant la mort pour seul savoir,
Il avait sur les autres un semblant de pouvoir.
Il brandit un bâton qu'il tenait. Tous se turent,
Un peu de honte répandue sur leurs figures,
Ainsi qu'à des enfants fautifs qu'on a surpris.

« Vous riez, leur dit-il avec quelque mépris ;
Ainsi rirait la hyène en son antre fétide
Mais ce rire est ici moins cruel que stupide !
Notre vie sur ces monts se passe à ripailler
Sans souci de tous ceux qui souffrent à leur pied !
À la fin qu'avons-nous à faire des désastres
Que provoque là-bas la fortune des astres ?
Et pourtant, celui-ci – il montra de ses doigts
Le petit dieu des prés et des esprits des bois –
Dit vrai ! Les peuples désunis qui nous vénèrent,
Ces tribus qui maçonnent des autels de pierres
Et des cairns, espérant attirer nos bienfaits,
Sont à bout de ressource et leurs chefs sont défaits.
Très bientôt nous verrons s'installer à leur place
Un autre peuple et ses tribus d'une autre race
Qui détruiront ces cairns pour bâtir leurs abris
Et prieront d'autres dieux. Nous en paierons le prix :
Ce pays accablé dont le peuple nous aime,
Ce pays ne sera désormais plus le même !
Nous rions, nous chantons, notre vie n'est que jeux
Mais à nos pieds se meurt un peuple courageux !
Combien possédons-nous des vertus qui l'honorent ?
Plus nous les maltraitons, plus ces gens nous adorent !
Et nous tous, sur ces monts, ne sommes immortels
Que tant qu'un peuple vient prier à nos autels ;
Comment espérez-vous que l'amour qu'il nous porte
Parvienne jusqu'à nous, si sa nation est morte ?

(A suivre)

(Modifié par Ludwig le 20-09-2017 à 10:46)
Anon456515
Profil Censuré
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 14:20 #
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 14:22 #
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 15:04 #
à Ludwig
Je découvre !
Très joliment écrit...
Et quel travail ! ( à moins que tu rimes au rythme de ta parole !.)

Et, au bout du compte (conte ?!) quelle bonne idée de combler les vides du cycle arthurien transmis de façon fragmentaire et le plus souvent confuse, à travers les manuscrits d'auteurs très différents, du XI ème au XV ème siècles...

Figure-toi que je me suis toujours interrogée, sans trouver de réponse, sur l'origine de l'épée d'Arthur...

D'abord y a-t-il une épée ou 2 épées ?
Excallibur, son épée de campagne, était-elle la même épée que celle fichée dans l'enclume du rocher qui fit de lui le successeur d'Uther Pendragon ??
A n'en pas douter, si 2 épées il y a, Excallibur était donnée par la Dame du Lac (puisqu'elle lui a été restituée à la mort d'Arthur), cependant, on ne dit rien sur ses origines...
Mais l'autre ?? elle apparaît miraculeusement au pied de la forteresse de Carduel lors du rassemblement de Noël. Les textes restent silencieux sur sa provenance.
Jean Markale, passionné des légendes médiévales , a tenté de reconstituer (en langue moderne) la chronologie du mythe du Graal,
à partir des diverses sources du Moyen-âge (scrupuleusement citées).
(-->"le Cycle du Graal" 2 volumes - très intéressant... mais parfois un peu monotone dans la répétition d'exploits et littérairement dépaysant !!)

Chez lui, il m'a paru qu'il n'y avait qu'une seule épée ....
Il fait dire à Merlin :
<<C'est l'épée de Souveraineté,(...) l'épée qui vient des îles du nord du monde, et qui porte le nom de la foudre violente*... (...)>>
et il complète dans une de ses nombreuses gloses :
* (Kaledvoulc'h en breton, Caledfwlch en gallois, caladbolg en gaélique)
<<.(...) l'épée du roi Nuada, que, dans la tradition druidique, les Tuatha Dé Danann avaient ramenée des îles du nord du monde de même que la lance magique, et le chaudron de l'abondance>>
Une piste intéressante ! et me voilà à mon tour en quête de l'épée et du chaudron...
Sur les ailes de Wiki, j'ai vaguement survolé la mythologie celtique irlandaise... et puis, faute de liens renseignés ça s'est arrêté là !

Alors.... c'est te dire si je compte sur TOI pour assouvir ma curiosité dévorante !!!



(Modifié par shu-mei le 18-09-2017 à 15:56)
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 17:03 #
"je compte sur TOI pour assouvir ma curiosité dévorante !!!"
Je crois et espère que tu ne seras pas déçue !

J'ai renoncé à l'hypothèse d'Excalibur venant d'Avalon parce que ça n'explique pas sa genèse (Avalon ou ailleurs...)
Et mon propos veut replacer l'origine d'Excalibur au coeur du contexte élargi comme tu pourras le constater. Je n'en dis pas plus mais le texte est ambitieux, ce que je me demande est s'il atteint ses ambitions.
L
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 18:19 #
Ludwig :
mais le texte est ambitieux, ce que je me demande est s'il atteint ses ambitions.
L

"ambitieux" ?? le mot est faible !
C'est carrément "gonflé" !

Mais le démarrage m'a paru très bon... Sincèrement ! (d'ailleurs, tu sais bien que je ne fais pas partie des thuriféraires en titre ! )
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 18:55 #
""ambitieux" ?? le mot est faible !"
Ce n'est pas ce que je voulais dire !
Ce que je voulais dire est que le texte essaie de dépasser la simple anecdote ; mais pour s'en faire une idée il faut l'avoir lu tout entier.
Rendez-vous donc dans quelques mois, au mot "FIN".
L
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 18 septembre à 19:30 #
Je n'en perdrai pas une miette !!
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 20 septembre à 10:43 #
Résumé : Dans la Bretagne pauvre et ravagée, les dieux celtes s'inquiètent enfin du sort du peuple. Leur chef les harangue...

Il se tut, reposant à terre son bâton
Et le dieu des marais, se frottant le menton,
Demanda, ingénu, ce qu'il faudrait qu'ils fassent.
« Je ne sais pas, répondit l'autre ; les jours passent,
Et chacun nous rapproche un peu de notre fin.
C'est pourquoi j'ai besoin de vos avis, afin
De trouver à cela bientôt quelque remède.
Parlez. Je vous écoute et demande votre aide. »

Il s'assit ; il semblait triste et désabusé ;
Il s'était, en parlant, semblait-il apaisé
Et sa voix résonnait moins fort sous les nuages.
Si les dieux ont destin de traverser les âges,
Celui-là, fatigué, la ride au coin de l’œil,
Le front chauve, semblait à deux pas du cercueil.
Chacun parla ; le dieu des puits, le dieu des mares,
Le dieu qui conduisait des hommes les gabares,
Celui qui protégeait les murs de leurs maisons,
Celui qui gouvernait la ronde des saisons,
Les dieux des arcs-en-ciel, du vent, de la lumière,
Et celui qui parfois faisait trembler la terre ;
Même les plus petits, les plus discrets des dieux
Eurent voix au conseil ; tel allumait aux cieux
Les astres un à un de sa lance aiguisée,
Tel autre dispersait les gouttes de rosée
Prenant les larmes des lutins, du bout des doigts ;
Tel faisait en leur temps venir les fruits aux bois
Et tel enfin, perché sur l'épaule d'un autre,
Faisait pousser aux champs le froment et l'épeautre ;
Et celui-là parlait sur un ton si léger
Qu'on eût dit que sifflait le pipeau d'un berger ;
D'ailleurs toutes ces voix qui criaient à tue-tête
Faisaient un bruit de cataclysme, de tempête ;
Les nuées s'amassaient sur les monts et les cieux
Devenaient noirs d'entendre crier tous ces dieux ;
Les forêts en tremblaient, les rivières taries
Avaient tu leur murmure au milieu des prairies.
Pas un insecte qui ne fût au creux d'un tronc
Caché ; pas un chevreuil qui ne baissât le front,
Pas un oiseau qui ne s'enfuît à tire-d'aile,
L'autour sous la ramée, dans la nue l'hirondelle ;
Rien de vivant alors qui ne cherche, effaré,
Quelque repaire où disparaître et se terrer.
Le sol même frémit, ce sol dont tout émane,
Où tout naît et s'éteint, où tout germe et se fane.
L'on eût dit qu'un géant y poussait ses troupeaux
Suivi d'armées frappant sur des tambours de peaux
Et roulant sur le roc des chariots si énormes
Que leurs essieux étaient taillés dans des troncs d'ormes !
C'était sur la Bretagne un plus terrible bruit
Que celui par lequel Jéricho fut détruit,
Quand sonnait des Hébreux la trompette sublime.

Et sans doute est-ce ainsi lorsqu'un monde s'abîme.

A suivre...
Anon456515
Profil Censuré
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 20 septembre à 14:20 #
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 20 septembre à 17:43 #
Délicieuse, cette revue des dieux !
(cela m évoque les kamis, esprits de la rivière, du pré, du saule, de la bergerie... ou de la théière !! )

Allez, un petit coup d'encensoir ? (profite : c'est pas tous les jours fête avec moi !!! )


Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 20 septembre à 19:37 #
"J'ai pensé à Shakespeare : la cour de la reine Mab !!!

Loin de moi l'idée de toute comparaison naturellement, mais ce que j'écris péniblement est forcément l'écho lointain de mes lectures et on retrouve (en moins lourdingue, j'espère) un peu de Hugo ailleurs ainsi (hélas) qu'un zeste Lamartine ça-et-là...
Toute la partie parlant des dieux est un mélange de féerie et de grotesque avec même une certaine drôlerie. Dans ce mélange des genres en effet, je peux chercher un relent vaguement shakespearien. Mais alors très vague ! Que je me voudrais capable des puissantes métaphores du maître !
Malheureusement mon style reste prisonnier de mes limites rédactionnelles et je me sens dans un étrange sentiment d'insatisfaction et d'incapacité à mieux faire. Cela dit c'est nettement "meilleur" que ce que je pondais il y a vingt ans et je pense que dans vingt ans, ce sera pas trop mal.

L
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 20 septembre à 23:41 #
Ne prends pas mes propos comme ceux d'un "critique autorisé" : je juge avec ma sensibilité propre... très subjectivement !
je ne prétends pas détenir une quelconque autorité en la matière.
(et même : ce n'est pas "un jugement" --> ce sont juste "des impressions" !)
Peut-être es-tu curieux de savoir comment on perçoit ton oeuvre... ?
(sinon , je pense que tu n'aurais pas publié tes écrits (???) )

Outre quelques poèmes que tu avais publiés sur "un fil rien qu'en rimes" du forum où nous nous ébattions comme des fous, disant n'importe quoi, écrivant n'importe comment et rimant de travers,
(sauf toi !!--> tes textes étaient travaillés, polis, soignés !... de vrais poèmes !)
Je n'ai lu que "la clepsydre"...

Mon impression d'alors ?
Ton écriture : lisse, classique (celle d'un "premier-de-la-classe-en-rédaction" ).
Un vocabulaire choisi...
un sentiment de grand sérieux dans l'acte d'écrire : comme si tu faisais très attention, soucieux de bien faire et de donner bonne impression...

Très différent, ce que tu nous présentes aujourd'hui.
écrire en vers (et pire : en alexandrins !) avec fluidité, en donnant cette impression de naturel, de facilité, que l'on ressent à la lecture, cela est d'une toute autre veine...
L'atmosphère grise, triste du pays rude, accablé, sans espoir, est parfaitement rendue, sans lourdeurs bien que longuement décrite...
en contraste, l'épisode des dieux est drôle, légère et poétique.
Il me semble que ton art s'est affiné...

Tu dis :
Malheureusement mon style reste prisonnier de mes limites rédactionnelles et je me sens dans un étrange sentiment d'insatisfaction et d'incapacité à mieux faire

Tu es exigeant et perfectionniste !
Ce sont deux qualités (ou défauts ! ) qui souvent paralysent.
Ce n'est pas ton cas : tu travailles et t'entraînes pour te perfectionner...
c'est ce que font tous ceux qui pratiquent les arts : derrière la facilité apparente du pianiste, du danseur, de l'acrobate il y a un nombre incalculable d'heures de travail et d'efforts.

Tu donnes envie de connaître la suite de ton "épopée" : c'est un signe certain que tu as un talent de conteur !

(Modifié par shu-mei le 21-09-2017 à 09:26)
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 21 septembre à 10:40 #
"Peut-être es-tu curieux de savoir comment on perçoit ton oeuvre... ? "

Bien sûr, je ne m'en cache pas, mais je ne cherche pas les éloges à tout prix, plutôt des convergences ou des divergences avec mes propres impressions.
Les pages publiées ici sont à mon avis les moins bonnes du poème. C'est d'ailleurs entièrement réécrit à partir de deux (!) rédactions primitives, mais je ne suis toujours pas satisfait.
Mon souci dans l'écriture versifiée : la fluidité en effet. Sympa de voir que j'y sois presque parvenu. Mais encore une fois la suite est meilleure.

"La Clepsydre Marine : Ton écriture : lisse, classique (celle d'un "premier-de-la-classe-en-rédaction" ). Un vocabulaire choisi... un sentiment de grand sérieux dans l'acte d'écrire : comme si tu faisais très attention, soucieux de bien faire et de donner bonne impression..."
Bon, ça c'est la pire chose qui m'ait jamais été dite, mais elle m'en apprend beaucoup.
En fait, j'ai peu travaillé l'écriture de "La Clepsydre Marine", par contre je me suis donné des contraintes (je suis un peu "oulipo" sur les bords) :
- Bannir tout modernisme sans chercher à imiter le français du XVIIe siècle.
- Ecrire chaque chapitre sous la forme d'une page word.

ça peut sembler surprenant, surtout la seconde contrainte, mais elle correspond à deux souhaits : donner du rythme et publier sur un blog.
Par contre, le côté scolaire dont tu parles est assez surprenant. C'est sans doute le résultat de la première contrainte... Dans ce cas c'est raté, ce n'est pas ce que je voulais (tu t'en doutes ). Encore moins être "lisse".
J'en arrive à la conclusion que ce texte manque peut-être d'un point de vue. C'est une biographie, mais qui est censé l'avoir écrite ? Un biographe postérieur, mais alors pourquoi ce style suranné ? Un contemporain, mais alors pourquoi la neutralité du ton ?
Je me suis peut-être piégé tout seul dans un dilemme insoluble - mais je me donne une excuse : je n'ai eu aucun modèle auquel me référer.
Il reste ce à quoi je tenais le plus, le reste étant pure forme : la plongée dans le Grand Siècle, toutes les références historiques étant authentiques. Meilleur que Dumas, sur ce plan.
Ce qui n'est pas très difficile.
Merci en tous cas.
L
Re: Poème épique pré-arthurien en feuilleton.
le 22 septembre à 09:22 #
Résumé : dans la Bretagne pauvre, ravagée et oubliée des dieux, ceux-ci inquiets de la disparition des peuples qui les vénèrent, discutent à grand bruit de ce qu'il est bon de faire...

Le bruit de l'assemblée ayant assez couru,
D'autres dieux s'étaient joints et leur nombre avait cru
Au point qu'il s'en trouvait désormais plus de mille.
Pourtant, chaque arrivant avait à ce concile
Son droit d'avis, mangeant et dormant à son tour.
Les fées leur apportaient du pain, au petit jour ;
Les elfes leur servaient à boire aux crépuscules
Quelque nectar, dans les conques des campanules.
Le débat prit sept jours entiers, autant de nuits.
Au huitième matin enfin l'on dormit, puis
Le dieu au long bâton qui lançait le tonnerre
Posa son pied chaussé de cuir sur une pierre
Et dit : « Tous ont parlé. Qu'en est-il sorti ? Rien.
J'aurais aussi bien pu me faire aider d'un chien.
Je vous maudis. Retournez tous dans vos collines,
Dans vos forêts, vos lacs et vos grottes marines.
Quand le peuple là-bas ne croira plus en nous,
Quand il adorera d'autres dieux à genoux,
Vous reviendrez ici pour y mourir ensemble. »

Alors, sur un ton doux et d'une voix qui tremble,
Comme un qui fait effort pour cacher son effroi,
Le petit dieu des prés dit : « Il leur faut un roi. »


Un roi : la chose est belle ainsi dite. Et personne
Dans l'instant, ne laissa de trouver l'idée bonne.

« Partez tous, dit le dieu aux éclairs. Mais je veux
Que mon frère des vents et que vous mes neveux,
Dieu des saisons et toi, petit dieu des prairies,
Dont les bonnes idées ne sont jamais taries,
Restiez. Donner un roi à ces peuples bretons
Vaut moins de mille avis mais plus d'un... - Nous restons. »

Le ciel s'était chargé de nuées. Tous s'en furent.
Certains portaient des arcs et certains des armures.
D'autres allaient, penchés, sans arme et presque nus,
Et ceux-là repartaient comme ils étaient venus ;
D'aucuns avaient sur eux la longue houppelande
Qu'on voit flotter au pâtre, au matin sur la lande ;
L'un avait sur le torse un camée d'émail blanc
À cet autre une lourde épée battait le flanc ;
Tel portait le regard au loin, plein de superbe
Tel autre, ensommeillé, frottait sa joue imberbe ;
Tel était un vieillard qui s'aidait d'un bâton
Tel semblait un enfant et parlait sur le ton
D'un fifre. Quelques-uns conservaient un air brave ;
Beaucoup pleuraient, la bouche amère et le front grave.
D'un seul les blonds cheveux flottaient comme les blés,
Et de tous divaguaient les regard accablés,
Certains vêtus de soie tissée par les déesses,
Et quelques-uns de verts feuillages mis en tresses,
D'autres du cuir épais et brun des grands aurochs
Et la plupart marchait les pieds nus sur les rocs.
Ils s'en allaient par deux, par trois, ou solitaires,
Faisant rouler parfois sous leur pas quelques pierres
Qui filaient, frôlant l'un ou l'autre en retombant ;
La moitié marchait droit et l'autre en titubant.
L'on eût dit une armée disparate et défaite
Ou bien des paysans ivres, après la fête
."
(A suivre)




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