Clichés sur le Mexique et les Mexicains

Les suggestions de Google révèlent certaines inquiétudes des internautes. Les suggestions de Google révèlent certaines inquiétudes des internautes.

Stéréotypes positifs et neutres:

La sieste et le hamac

Si la « siesta » est bien partie intégrante de la culture hispanique, on peut se demander pourquoi elle est si profondément associée au Mexique dans l’imaginaire collectif, étant pratiquée partout dans le monde.

Le hamac y est sans doute pour quelque chose. Originaire des Caraïbes, le hamac a été adopté au Yucatan moins de deux siècles avant l’arrivée des Espagnols. Aujourd’hui, on en trouve presque dans chaque maison. Le mot « hamaka » vient d’une langue des Arawaks, et signifie « filet de pêche ».

Le sombrero

Le chapeau qui est devenu emblématique du Mexique a certainement été popularisé par le cinéma et les films impliquant des « charros », l’équivalent mexicain des cow-boys (à la différence que les charros ont un statut social plus élevé que le cow-boy américain). Le mot sombrero signifie simplement chapeau en espagnol, il faut donc préciser « sombrero charro ». Aujourd’hui on voit principalement une adaptation de ce chapeau au dos des mariachis. Ces chapeaux sont peu pratiques pour travailler et étaient surtout portés à cheval.

 

Stéréotypes négatifs:

Cruauté, paresse, incompétence.

Alfonso Bedoya dans « The Treasure of the Sierra Madre »

Alfonso Bedoya dans « The Treasure of the Sierra Madre »

L’image des Mexicains vient en grande partie du cinéma. Durant l’âge d’or du cinéma mexicain, les films abordaient souvent la révolution et donc la violence (p.ex « Vámonos con Pancho Villa », 1936). Par la suite, Hollywood a pris le relais, renforçant les stéréotypes de criminels, l’archétype étant sans doute Alfonso Bedoya dans « The treasure of the Sierra Madre » (1948), avec son sombrero, son foulard et ses cartouchières. Souvent les personnages mexicains servent de faire-valoir au héros américain, et sont violents, paresseux ou incompétents, au mieux de braves paysans sans défense.

Encore aujourd’hui les stéréotypes mexicains violents se retrouvent dans des séries comme Breaking Bad, dont une scène mémorable montre la tête d’un trafiquant plantée sur une tortue. Comme pour tout stéréotype, il y a une part de vérité (la violence des cartels), mais la répétition et l’absence d’alternative déforment l’imaginaire collectif.

La tête de Tortuga, cadeau du cartel dans Breaking Bad.

La tête de Tortuga, cadeau du cartel dans Breaking Bad.

 

La corruption

Si la corruption est présente partout sous de multiples formes (de nombreux scandales nous l’ont rappelé au Québec), elle prend une forme particulière au Mexique et les touristes en font parfois les frais. Ainsi il est connu que des policiers, sous-payés, peuvent tenter de vous soutirer de l’argent en prétendant que vous avez commis une infraction. En pratique, les agents n’ont pas le droit de collecter d’argent, et sont obligés de vous rendre vos papiers et/ou les plaques du véhicule (pour plus de sécurité ne donnez que des photocopies de vos papiers).

Les suggestions de Google révèlent certaines inquiétudes des internautes.

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Dans les régions touristiques, les agences de location de voiture donnent souvent une feuille (« tarjeton turistico ») qui indique à la police de s’adresser directement à la compagnie en cas de problème, évitant ainsi les arnaques potentielles.

 

Un pays dangereux ?

Les cartels se livrent une guerre sans merci et plusieurs massacres ont eu lieu au pays. Les tabloïds mexicains n’ont pas la même retenue que ceux que nous connaissons, et n’hésitent pas à publier des photos de décapitation en première page, ce qui amplifie certainement le sentiment de violence omniprésente. Néanmoins les zones dangereuses du pays sont connues et faciles à éviter. De plus, les narcotrafiquants n’ont pas d’intérêt à nuire aux touristes, au contraire puisque cela forcerait le gouvernement à durcir la lutte contre les cartels.

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