10 signes qui montrent que vous êtes un gringo au Mexique

Clichés ou réalité, les préjugés sur les touristes sont souvent bien présents… et ce partout sur Terre ! C’est ce que nous montre Benoît, expatrié au Mexique : les étrangers ne passent vraiment pas inaperçus ! Voici 10 signes qui trahissent le gringo au Mexique : vous y reconnaissez-vous ?

1. Un rien vous émerveille ou vous fait paniquer (une tarentule, par exemple)

Émergeant à peine d’un sommeil aux arômes de tequila, vous sortez distraitement boire votre café dehors et fouler l’herbe de vos pieds nus. Vous croisez le chat qui joue… Euh, mais avec quoi il joue, le chat ? Une tarentule, massive, qui semble plutôt confiante d’avoir le dessus face à ce matou trop curieux. Là, bien sûr, vous n’allez pas chercher vos sandales, ni même le félin imprudent, vous courrez pieds nus et revenez avec l’appareil photo. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une si belle tarentule !

Tarentule trouvée devant chez nous, à Playa del Carmen. Probablement Brachypelma vagans.

2. Vous ne comprenez pas la différence entre « mañana » et « demain »

Les Mexicains n’aiment pas décevoir et sont trop polis pour vous contrarier : ils semblent avoir mille et une façons de dire non sans vraiment le dire. La plus courante est « mañana » (demain). Nous avons ainsi passé des semaines à jouer au ping-pong avec notre agent d’immeuble. Nous lui demandons les documents promis quelques jours plus tôt, il s’excuse platement et nous assure que nous les aurons demain. Bien sûr cela n’arrive pas et le cycle continue avec chaque fois une couche d’excuses en plus, jusqu’au jour où l’on réalise qu’il n’a tout simplement pas les documents.

Le résultat sera souvent le même si un professionnel vous dit qu’il pourra venir effectuer une réparation un certain jour et que vous lui demandez s’il ne pourrait pas plutôt venir demain. Il vous répondra par l’affirmative, mais viendra quand même le jour prévu.

Il faut bien comprendre que ce ne sont pas les Mexicains qui mentent, mais les gringos qui ne saisissent pas les non-dits. Les expats établis depuis longtemps nous ont assuré avoir appris à faire la différence entre:

  • « mañana » (non c’est impossible)
  • et « mañana » (oui je vais vraiment le faire demain).

Ils savent aussi qu’il vaut mieux aller se chercher une bière et relaxer plutôt que de vouloir changer les usages mexicains. Après tout, c’est nous qui sommes venus ici pour vivre différemment !

3. Vous roulez prudemment, même si vous êtes le seul

Au Mexique, la conduite automobile est classée dans les sports extrêmes. Sans doute influencée par le tempérament macho latino, la prise de risques inutiles semble être une obligation. Attendez-vous à vous faire dépasser par un vélo ou un scooter à tout moment et de tout côté. En cas de doute, rappelez-vous que la priorité va toujours à celui qui sera le plus rapide. En général, il s’agit d’un taxi.

Les accrochages sont fréquents et il ne s’est pas encore passé une semaine sans que l’on assiste à un ou deux accidents, heureusement sans blessés graves jusqu’à présent.

4. Vous portez des lunettes de soleil

Étrangement, peu de gens au Mexique semblent utiliser des lunettes de soleil. À Playa del Carmen, c’est bien simple, les porteurs de lunettes teintées sont le plus souvent soit des touristes, soit des jeunes m’as-tu-vu aux lunettes miroir.

Ceux qui en auraient réellement besoin, les travailleurs qui passent la journée en plein soleil, en portent rarement. Les raisons sont culturelles, pécuniaires, mais relèvent aussi malheureusement du retard qu’a pris le gouvernement mexicain dans la lutte contre les maladies des yeux telles que la cataracte.

5. Vous vous étonnez encore en voyant les files devant les banques

Pas besoin de calendrier, si vous voyez une file de 15 à 20 personnes devant les distributeurs de billets, c’est qu’on est le 15 ou le 1er du mois. Les cartes de débit et de crédit sont très peu utilisées au Mexique, il faut donc aller chercher sa paye en argent comptant toutes les deux semaines.

On a noté aussi que les limites de retraits affichées sur les distributeurs sont rarement effectives. Rien ne vous empêche de retirer 6000 pesos sur un distributeur qui vous limite théoriquement à 3000.

6. Vous vous vexez quand un taxi vous demande 3 fois le prix payé par un local

Suivant l’endroit d’où vous prenez le taxi, la teinte de votre peau et la qualité de votre espagnol, le prix d’une course peut varier du simple au triple. Vu qu’il n’y a pas de taximètres dans notre région, mieux vaut se renseigner avant et négocier au besoin.

Attention à ne pas tomber dans l’autre extrême et de prendre l’augmentation de prix comme un affront personnel. J’avoue qu’il m’est arrivé d’insister par principe parce que je ne voulais pas être un « pigeon », alors que les 20 pesos (1,20 euro) de différence n’en valaient pourtant pas la peine. Il faut parfois accepter que venant de pays considérés comme riches, on attende de nous un petit effort supplémentaire. En s’obstinant plus qu’il ne le faut, on donne une mauvaise image à tous les gringos.

7. Vous vous promenez dans la jungle après la pluie

Oubliez les crocodiles aux dents acérées, les tarentules sauteuses, les serpents venimeux ou étrangleurs. Le vrai prédateur dans la jungle, c’est le moustique. Et le gringo qui s’aventure dans la jungle durant la saison humide apprendra qu’une dose de spray antimoustique, aussi massive soit-elle, permet tout juste de ressortir de là en vie, avec les quelques millilitres de sang qu’ils vous auront laissé.

J’exagère, mais à peine. Après la pluie et en particulier à l’aube et au crépuscule, dès qu’il y a ne fût-ce qu’un buisson, il y a une nuée de moustiques qui vous tourne autour. Les hôtels ont recours aux insecticides, mais ailleurs c’est une plaie. Si vous partez dans la jungle, il vaut mieux attendre qu’il ait fait sec un certain temps, d’autant plus que les moustiques propagent des maladies comme la dengue et le virus zika.

8. Vous avez chaud rien qu’en voyant un Mexicain en pantalon long

Jeans serrés, chemises à manches longues, et même, chez les jeunes qui ont le swag, les bonnets de laine qu’un Canadien ne sort que par -15 °C, sont portés ici par 32 °C à l’ombre. Les Mexicains soignent leur apparence, et aiment porter de beaux vêtements.

Il est vrai qu’au sud du Mexique, si on attendait qu’il neige pour mettre un bonnet de laine, on ne le sortirait jamais. Reste que cette faculté de porter des vêtements chauds sans paraître inconfortable est déconcertante pour nous qui transpirons en simple maillot de bain !

9. La gentillesse des Mexicains continue de vous surprendre

On ne se lasse pas du tempérament amical et accueillant des Mexicains qui savent vous faire sentir le bienvenu. On sait bien que les expressions comme « mi casa es su casa » ne sont qu’une façon de parler qui n’engage pas davantage qu’un « bonjour », mais le respect et la bienveillance qui l’accompagnent sont bien réels.

On a beau envahir les plages, bloquer les rues en cherchant notre chemin, et faire exploser les prix de l’immobilier, jamais les Mexicains ne nous font sentir qu’on n’est pas à notre place. Même lorsque l’on se fait appeler « gringo », ce qui est rare, c’est le plus souvent sans aucune connotation péjorative. Au contraire, à peine arrivés, on se fait inviter aux anniversaires et festivités du voisinage. Bienvenue chez vous !

10. Vous devez vous pincer chaque matin pour être sûr de ne pas rêver

Arrive-t-il un moment où en regardant la mer turquoise séparer le ciel bleu de la plage en sable fin, on se dit simplement « Bof… » ? Peut-on nager avec des tortues marines, des raies ou même un immense requin-baleine sans qu’un frisson d’excitation nous traverse l’échine ? Peut-on visiter des temples mayas aux stèles millénaires sans se sentir à la fois tout petit, et profondément privilégié ? Si c’est le cas, j’espère ne jamais le découvrir, car pour l’instant cette petite expérience de gringo est la meilleure chose qui me soit arrivée !

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